
L’œil, organe vital indispensable pour admirer l’art graphique apparait régulièrement en très gros plan sur les pochettes. Terrifiant, attendri, agressif, pétillant ou complaisant, l’œil nous observe de tous ses yeux et l’effet est déstabilisant. Il y a franchement de quoi tourner de l’œil !
Habitués que nous sommes à nous rincer l’œil sur des bimbos bien roulées ou des visuels arty, ici, point de fioriture ni d’effet recherché : les pochettes ne sont pas là pour nous faire les yeux doux. Les pochettes nous regardent fixement et sans baisser les yeux. Parfois d’un mauvais œil, parfois comme un monstre qui n’a pas froid aux yeux et qui nous empêchera de fermer l’œil pendant quelques jours. On songe aussi à l’œil de Dieu exerçant sa surveillance sur l’Humanité, et qui ne voit pas d’un bon œil nos agissements.
Bref, « J’ai l’œil sur vous » semblent nous dire les pochettes, « je vous observe ». Inutile de détourner les yeux ni de plisser les paupières, ces pochettes nous regardent droit dans les yeux et voient tout.
Cela saute aux yeux : les pochettes oculaires un peu tape-à-l’œil n’ont pas la vue brouillée et font plutôt flipper. En règle générale, l'œil unique, sans paupière, est le symbole de l'essence et de la connaissance divine mais si vous croyez croiser Dieu dans ces albums, vous vous mettez le doigt dans l’œil. Alors ouvrez l’œil car sinon, vous n’aurez plus que vos yeux pour pleurer.